Le partage : son Papa lui rend hommage. action

Le 12 septembre 2012

Margaux, tu es née d’un voyage en amoureux en Touraine… Tu as vu le jour en pleine nuit le 22 avril 1989 à Paris, ce jour là fut l’un des trois plus
beaux jours de ma vie- J’étais comme un zebulon qui sautillait partout en annonçant à tous la naissance de notre puce de 2 Kg 360 et de 46 cm
… Même si pendant quelques mois tu avais une vie nocturne plus que diurne et que tu voulais grandir plus vite en sirotant doucement 12 biberons
par jour pour les déguster et rester dans nos bras … Tu étais notre enchantement notre bonheur, notre puce…

Et on t’a vu partir à l’école maternelle toute fraîche et pimpante- en taxi- une princesse valait bien ça -. Et déjà tu avais ce caractère bien
trempé et bien décidé à me tenir tête …. On riait souvent en famille de cette petite histoire ou à l’âge de 2 ans, quelques mois après la naissance de
ton frère Arthur, tu avais craché des morceaux de pommes sur le tapis du salon et que tu ne voulais pas les ramasser… Tu m’avais tenu tête plus
de 4 h…. Ca promettait et je n’ai pas été déçu- Déjà tu avais un amoureux transi Vincent. Oui tout au long de ta trop courte vie tu as suscité
l’amour – et tu le rendais bien –
Je me rappelle qu’à cette époque tu te chamaillais régulièrement avec Arthur, le taquin, mais tout au long de ta vie vous vous êtes toujours
témoigné d’un amour grandissant jour après jour et plus encore depuis que vous de jeune adulte ….. Veillant l’un sur l’autre …..
Puis nous t’avons vu partir à l’école. L’école , le lycée des milieux traumatisant pour toi, malgré tes amies ; Charlotte… Marlene….Mounia….
Pauline…. Marie … Tu te sentais pas à la hauteur , tu ne te sentais pas suffisamment intelligente – Et pourtant tu avais de cette intelligence que
peut de monde a : l’intelligence d’aimer, l’intelligence de se faire aimer, l’intelligence du coeur – Même si je te l’ai pas suffisamment dis, mais cela
me rendait extrême fier que tu possèdes autant de belles qualités humaines – Mais il est vrai que l’on se chamaillait souvent heureusement
qu’Emmanuelle étais là pour faire descendre « la pression » entre nous…
Nous avons vu, le jour ou tu as rencontré l’amour une première fois avec Guillaume, Guigui, qui est devenu ton meilleur ami encore une preuve de
tes nombreuses qualités transformer l’amour en amitié sincère et profonde Et un principe de vie de plus « ne jamais tourner le dos aux personnes
qu’on a aimé » …
Puis est venu le jour où tu es partie de la maison pour suivre tes études à Grenoble et vivre avec ton deuxième amour Guillaume. Tu nous
disais que tu avais trouvé ta voie. Tu avais plein de projets en tête. Plein d’avenir. Et nous tes parents nous en étions heureux car nous
savions que tu allais être une femme épanouie et pleine de richesse intérieure à donner et à transmettre -..
Toutes les personnes, qui ont jusqu’à cette époque croisé ton chemin, voyaient une jeune et jolie fille, coquette, aimant les belles robes, les
chaussures à talon, aimant rire, s’amuser, parler…… Et dès qu’elles rentraient en relation avec toi elles découvraient une jeune femme …
touchante…, profonde…. , aimant discuter , de philosophie, d’amour, et toutes ces mille et une petites choses qui font les attraits de l’amour de la vie.

Mais à l’aube de tes 22 ans, en février 2011 l’annonce de cette maladie, la sclérose latérale amyotrophique, la SLA , la maladie de Charcot…….
Elle a coupé tes ailes et à stoppé net ton envol vers la vie que tu t’étais imaginée.
Preuve que la nature est cruelle. Mais cette épreuve tu as su y faire face. Tu nous as appris à Emmanuelle et moi comment faire pour t’être
utile. ….Tu es devenu notre pédagogue pour nous apprendre à t’aider dans tous les gestes de ta vie quotidienne et t’ accompagner dans tes
décisions sur ta vie de malade. Mais comme tout élève j’ai été un peu rebelle quand tu refusais toutes les aides de « confort » qui pouvait
t’aider à prolonger ta vie . »Confort » et « vie » deux mots que j’ai redécouvert avec toi.
Mais avec patience, et parfois il est vrai avec colère, tu m’as fait comprendre tes choix, tes décisions Tu me répétais sans cesse, quand tu le
pouvais encore « je ne suis pas handicapée mais malade » Et qu’en tant qu’adulte en possession de toutes ses facultés tu avais le droit de
nous imposer tes choix. Et ton premier choix fut d’habiter chez toi… Tu étais bien devenue responsable de ta vie, responsable de ce que tous parents
rêvent : une adulte ayant une belle âme.
Laure ta kiné, Eric puis Philippe tes thérapeutes et aussi tes deux médecins Vincent et surtout Patrice, ont vu cette belle personne que tu étais,
cette jeune fille très touchante mais très volontaire dans ses choix de vie … et ils sont su t’aider et nous aider pour t’accompagner au mieux dans ta
vie de malade ….. m’aider, nous aider à accepter tes choix, ton désir de rester maître de ta vie …
Et malgré cette maladie, entre décembre 2011 et mai 2012, tu as construit jour après jour, une très belle relation avec Cédric un jeune homme de
32 ans atteint de la SLA comme toi. Vous vous êtes quotidiennement ; parlé…., réconfortés…., apaisés mutuellement …., aimés -. J’ai
découvert à ce moment là une autre belle facette de toi. Tu savais en peu de mots décrire les sentiments ; l’amitié…, le désir…, la tendresse…..
l’amour. Et ces mots sont encore plus fort, plus important quand on perd le souffle pour les prononcer.
Tu étonnais toutes les personnes qui te côtoyaient par la beauté de tes attitudes et regard envers eux, envers nous Emmanuelle, Arthur et moi

Chaque phase, chaque regard que je me rappelle de toi de cette époque sont plein d’émotion et de poésie.
Au fil de la progression de la maladie, tu te voyais comme une jeune femme dans un corps d’anorexique perdant sa capacité de se mouvoir et de
parler Mais moi j’ai vu en toi, une très jolie jeune femme poétique ayant une très jolie plume.
Cette maladie t’as coupée peu à peu des personnes qui t’étais pourtant si chères….. Tu ne souhaitais plus les laisser te rencontrer … Même si tu
avais encore l’envie de voir ton frère Arthur et ta cousine Sophie tu n’en avais plus la force….. plus la force de croiser leur regard…… leur
avenir… Et je sais qu’ils ont compris ta douleur de renoncer à leur visite … ton désarroi ….
Ton monde c’est restreint à quelques prénoms Laure, Philippe, Patrice, Valérie, Isabelle … Je sais que tu étais contente de voir Valérie et Isabelle
quasi quotidiennement pour partager quelques moments de leur vie et de te permettre de rester coquette … jolie … et ça jusqu’à ton dernier
souffle le 12 septembre à 3 heure du matin.

Parfois des amis en qui tu tenais beaucoup, t’ont déçu et fait moralement souffrir – Et quand tu avais de leur nouvelle tu me disais que tu les
plaignais car ils avaient des soucis dans leur vie et que tu préférais somme toute ta vie à la leur. Et eux en ont rien su. Malgré la maladie tu te
préoccupais encore des autres !
Au début de la maladie, Isabelle qui t’a vue grandir t’a demandé à si tu accepterais d’être sa filleule. Elle a vu , nous avons vu dans tes yeux ,
dire oui Faute de parrain tu as demandé timidement sur les bouts des lèvres par pudeur à ton oncle Christian de l’être – Je sais que tu aimais
leur présence réconfortante vos discutions d’adulte à d’adulte -. Tu étais très heureuse de les avoir comme Parrain et Marraine de cœur
Margaux j’ai tellement de chose à dire , d’anecdotes à raconter mais je n’ai pas ta plume pour l’écrire et le chuchoter à l’oreille du monde…
Alors mille fois Merci Margaux…. merci de m’avoir… nous avoir fait grandir …merci d’avoir été – d’être ma- notre fille -. Nous t’aimerons toujours
tendrement.

Patrick.


sandrine